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De Dakhla aux portes de Singapour : un voyage à moto

De Dakhla aux portes de Singapour : un voyage à moto

Voyage
Publié le 28/10/2026

Je suis parti de Dakhla à moto avec un objectif profondément personnel : retrouver mes filles à Singapour, après sept années de séparation.

Des routes du Maroc à l'Asie, ce voyage m'a confronté aux distances, aux frontières et à l'incertitude. Quatre mois de route, douze pays, et une compagne fidèle : ma KTM 890 Adventure R, que j'ai baptisée « Commando ».

Juste une moto, un cœur ouvert, et ce besoin profond de retrouver les miens. Dakhla m'a vu partir… l'Himalaya m'a accueilli.

La Turquie, la première vraie épreuve

Route enneigée en Turquie au coucher du soleil, vue depuis la moto
Turquie : le froid et le verglas, premières vraies épreuves.

La Turquie n'était pas censée être difficile. Et pourtant, c'est là que j'ai vécu mes premiers vrais défis. Le froid m'a surpris, le verglas m'a mis en danger. La peur s'installait entre chaque virage glissant, sous le casque gelé ; autour de moi, des chutes, des accidents. Mais c'était clair : je devais continuer. Ce voyage n'était pas qu'un tracé sur une carte, c'était un combat contre mes limites.

L'Iran : six heures d'interrogatoire

Dans les montagnes au-dessus de Qom, des parapentistes iraniens m'ont accueilli avec des sourires vrais, comme si j'étais l'un des leurs. Quelques heures plus tard, en revenant en ville, j'ai été arrêté par la police. Mon passeport marocain, mon visa électronique et surtout mon appareil photo ont éveillé les soupçons. Pendant six heures, on m'a interrogé, fouillé, isolé. Puis on m'a laissé repartir. J'ai quitté Qom au petit matin, avec un goût amer… mais libre.

Le Pakistan et l'Inde : l'hospitalité et le chaos

Rachid Roussafi et sa KTM avec un habitant à Lahore, au Pakistan
Lahore, au Pakistan : l'hospitalité des inconnus.

Au Baloutchistan, j'ai traversé sous l'escorte des Levies pakistanais. À Lahore, des inconnus m'ont accueilli avec un sourire et un thé chaud : ce sont souvent eux qui laissent les traces les plus profondes sur la route.

Puis l'Inde. Dans son chaos, j'ai trouvé du calme ; dans son bruit, j'ai appris à écouter autrement. Elle m'a appris à accueillir le monde tel qu'il est, pas tel que je voulais qu'il soit.

Les frontières fermées

Entre l'Inde et la Thaïlande, la route passe normalement par le Myanmar. La frontière était fermée en raison de troubles intérieurs. Un militaire m'a proposé de me laisser passer contre 400 euros. J'ai refusé.

Je suis alors remonté jusqu'au Népal pour tenter de passer par la Chine. Mais là-bas, il faut voyager avec un guide. Ce n'était pas la saison des voyageurs, j'étais seul pour en supporter le coût : près de 15 000 euros. À Pokhara, mon téléphone s'est brisé et l'Himalaya m'a appris la patience.

Lac de Pokhara au crépuscule, au Népal
Pokhara, au Népal : l'attente avant la Thaïlande.

Au Népal, j'ai donc démonté ma moto et je l'ai expédiée en avion cargo vers la Thaïlande. Je l'ai récupérée à la douane de Bangkok.

La Thaïlande et la Malaisie : la dernière ligne droite

La KTM Commando sur une route bordée de palmiers en Thaïlande
Thaïlande : la route vers la Malaisie.

Des pneus neufs, une nouvelle énergie. Des journées comme la vie : douces au départ, puis l'orage à la tombée de la nuit, le tonnerre et la route détrempée.

À la frontière entre la Thaïlande et la Malaisie, j'ai rencontré un père et son fils, deux motards malaisiens, qui m'ont invité chez eux. Partout, la même leçon : un voyage, ce n'est pas seulement la route, ce sont les gens que l'on rencontre.

Rachid Roussafi sur sa KTM devant les tours Petronas à Kuala Lumpur
Kuala Lumpur, devant les tours Petronas.

Puis Kuala Lumpur, entre les tours et les souvenirs. Mon corps avançait, mais mon âme regardait déjà plus loin.

Face à Singapour

Face à Singapour, mon parcours s'est arrêté : mon visa avait été refusé. Je n'ai pas pu retrouver mes filles.

J'ai atteint les portes de Singapour… mais pas les bras de mes filles. Si près que je pouvais sentir leurs âmes, si loin que je ne pouvais entendre leurs voix. Quelques mètres, et pourtant un univers entre nous. Un père ne cesse jamais de marcher.

Coucher de soleil face à Singapour depuis Johor Bahru
Face à Singapour, depuis Johor Bahru.

C'est là qu'un arc-en-ciel est apparu. Je lui ai donné le sens d'un lien avec elles.

Ce voyage, je souhaite aujourd'hui le raconter et en garder une trace. Pour partager l'aventure, mais surtout pour que mes filles sachent pourquoi j'ai pris la route.

Rachid Roussafi

Le voyage complet, étape par étape, est à suivre sur ma chaîne YouTube Sahara Wind Rider et sur Instagram @sahara_wind_rider_.


Aux voyageurs à moto

J'ai aussi pris la route du sud : je suis descendu deux fois au Sénégal à moto, en janvier 2024 et en janvier 2025. Je sais ce que vaut une étape accueillante après de longues journées de route.

Si vous voyagez à moto vers l'Afrique ou si vous en revenez, Heliophora vous offre jusqu'à deux nuits, en bungalow ou sous la tente face à la lagune, avec les repas quand le restaurant est ouvert. Toutes les conditions sont sur la page Motards voyageurs.

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